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L'Affaire de la rue de Lourcine - création 2011

 

  L’Affaire de la rue de Lourcine

  Eugène Labiche

            

     

       Crédit : Gérald Jay

Lenglumé : Xavier Guittet

Mistingue : Jean-Luc Guitton

Norine : Marielle Coubaillon

Potard : Fabrice Roumier

Justin : Antoine Rosenfeld

 

 

Mise en scène : Pascale Siméon

Assitanat à la mise en scène : Anne Gaydier

Scénographie : Hervé Chantepie

Lumières : Julia Grand

Musique : Alain Bruel

Régie son et travail vocal : Jean-Louis Bettarel

Costumes : Céline Deloche

Régie générale : Swan Chelle

 

 

                                      

"Ah ! Je ne veux plus tuer de charbonnière, c’est trop salissant ! "

 

Lenglumé, noceur patenté se retrouve pris au piège de sa  mémoire défaillante… au petit matin la soirée de la veille n’est plus qu’un immense trou noir, « une lacune » dans son existence bien rangée... Rien de bien grave, si ce n’est la présence incongrue  de Mistingue, un camarade de classe depuis longtemps oublié, on en rit, on cache ses frasques à sa femme, on arrange les événements quand soudain l’impossible se dessine : un meurtre a été commis, et les preuves s’accumulent transformant nos deux innocents en bourreaux inconscients…Que s’est-il donc passé dans cette « lacune » ? De quiproquos en rebondissements la comédie s’accélère… Avec tout le génie dont est capable Eugène Labiche, nous assistons au tourbillon d’angoisses dans lequel nos protagonistes s’engluent avec lâcheté pour notre plus grand bonheur…

 

Prochaines représentations

 

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Note d’intention

 

Le XIXème siècle a vu s’installer le nouvel ordre bourgeois. S’en est suivie la lutte des classes… On aurait pu croire que l’ordre de la société allait s’en trouver bousculé. Au contraire, au XXème siècle les valeurs révolutionnaires se sont effondrées, et notre tout jeune XXIème siècle laisse entrevoir la réaffirmation des valeurs bourgeoises ; le capitalisme est devenu force de loi et avec lui la bourgeoisie retrouve ses droits et le pouvoir. Les intellectuels fatigués ont perdu leurs paroles de visionnaires. Les œuvres dramaturgiques contemporaines sont des constats amers de la fin de nos rêves et de nos utopies. C’est sans doute la raison pour laquelle nous sommes de nouveau attirés par les œuvres des grands maîtres du vaudeville. Portraits violents de cette bourgeoisie sans culture et perchée sur ses intérêts, c’est un cadeau que nous fait l’histoire de pouvoir retourner le miroir de nos comportements passés vers nos petitesses présentes.

L’affaire de la rue de Lourcine est une œuvre à part dans les œuvres d’Eugène Labiche. L’histoire ne met pas en jeu des maris, des femmes et des amants, pas de filles à marier non plus mais la peur, la grande peur : celle de n’être pas celui qu’on croit, de n’avoir pas su maitriser son côté sombre et ainsi de voir disparaitre son univers chaud et rassurant, parce qu’il faudra bien réparer « sa faute ». Les personnages de Labiche sont farcis de lâcheté, de mensonges cultivés au quotidien pour préserver leur bien-être et leur plaisir. Lenglumé se retrouve victime de sa légèreté et doit faire face à des événements dont il n’a plus le souvenir. A partir de ce moment, devant la terreur de la « lacune », les incidents successifs vont prendre un tour et une ampleur démesurée et cela, bien évidemment, à cause d’un quiproquo. Formule habituelle du vaudeville, les quiproquos permettent de faire rebondir l’action.

La pièce est courte, Labiche va  à l’essentiel, pas de bavardages inutiles, les jeux de mots et les situations se succèdent à un rythme effréné. Nous sommes dans une pièce d’acteurs, c’est leur énergie qui soutient la pièce. Le duo Lenglumé et Mistingue porte toute la turpitude de l’humanité à lui seul. Norine, Justin et le cousin Potard viennent construire la fable. Chacune de leurs apparitions apportent un élément mineur que l’amnésie alcoolique de nos deux compères transforme en preuve de leur culpabilité. Peu à peu, les verrous posés par leur éducation bourgeoise sautent, et ils sont prêts à aller jusqu’à commettre un acte extrême pour sauver leur peau. Bien évidemment, Labiche garde sa volonté de faire rire et tournera le dénouement vers l’absurde.

C’est en ceci que cette pièce est un petit chef d’œuvre. Nous assistons à la démultiplication du sentiment de culpabilité et à la transformation d’hommes simples en monstres.  La plongée dans une situation émotionnelle qui devrait  être une véritable tragédie devient, sous la plume d’Eugène Labiche, irrésistible. Ici réside la particularité et l’intérêt de cette œuvre : assister au mécanisme du comportement humain, cette boule de neige que sont nos états émotionnels et qui nous entraine à agir en dépit du bon sens.

Pascale Siméon

 

Production : Compagnie Ecart Théâtre, Centre Dramatique Régional de Tours (37) - Nouvel Olympia, Ville de Cébazat - Sémaphore (63)

 

 

 

Représentations 2011

 

4 & 5 octobre 2011

Sémaphore à Cébazat (63)

 

du 10 au 14 octobre 2011

Centre Dramatique Régional de Tours - Nouvel Olympia (37)

 

8 novembre 2011

Théâtre d'Aurillac (15)

 

25 novembre 2011

Salle Animatis à Issoire (63)

 

du 1er au 4 décembre 2011

Cour des Trois Coquins à Clermont-Ferrand (63)

 

 

© 2012 Cécile Breuil