| Stabat Mater Furiosa - création 2007 |
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Stabat Mater Furiosa de Jean-Pierre Siméon
Création le 25 janvier 2007 au Théâtre du Puy en Velay
15/03/07 au 17/03/07 Cour des Trois Coquins à Clermont-Ferrand 05/07/07 et 06/07/07 Festival des Contre-Plongées de l’été de Clermont-ferrand 22/08/07 au 25/08/07 Festival international de théâtre de rue d’Aurillac 13/11/07 au 16/11/07 Cour des Trois Coquins à Clermont-Ferrand 20/11/07 au 23/11/07 Cour des Trois Coquins à Clermont-Ferrand 15/11/2008 Centre culturel de Volvic 24/11/2008 Bibliothèque René-Guy Cadou à Beaumont
Mise en jeu et interprétation : Pascale Siméon
Note d’intention
Stabat Mater Furiosa est le long cri de rage d’une femme face à la violence des hommes. Pas de plaintes ni de lamentations mais une incompréhension totale de celle qui donne la vie pour ce besoin de destruction qui, depuis la nuit des temps, habite les êtres humains. Ce texte est universel dans sa forme et son projet, écrit dans une langue poétique nerveuse et simple, à la compréhension immédiate. Nous voulons le jouer partout où nous le pourrons : petite salle polyvalente, bibliothèque, appartement, collège, lycée…
La langue limpide de Jean-Pierre Siméon n’a pas besoin d’exégèse. Elle est directe, vigoureuse. Si la forme peut faire peur à certains, qu’ils fassent confiance au rythme du verbe et à la chair de l’acteur ! Car cette parole est faite pour être incarnée. Plus on la goûte, plus elle prend son ampleur et son sens. Comment la dire ? Sans prétention et sans détour : elle est à mâcher à pleine bouche, alors toute sa saveur et sa sensualité se révèlent. Surtout ne pas penser que l’auteur est poète ! Cela ne veut rien dire, car le propre même de la grande écriture n’est pas de mettre le lecteur en adoration respectueuse mais de l’émouvoir à bras le corps. Le poème n’est pas une forme, c’est la vie elle-même.
Extrait de texte
je suis celle qui refuse de comprendre je suis celle qui ne veut pas comprendre et qui implore et si j’implore ne riez pas pas de haussements d’épaule pas de murmures et pas de prétextes les yeux baissés pour éviter ma voix mon émotion n’est pas un chien que je promène un petit chien-chien que je cajole et promène mon émotion est noire et lourde elle a le poids de la hache et le tranchant du silex et si je prie c’est sans dieux si je prie c’est comme quand on dit : je vous en prie c’est la vie que je prie je vous en prie la vie et je ne sais pas de quoi je la prie mais je sais que la prière est lourde et noire qu’elle n’appelle pas ne commente pas n’apure pas les comptes elle viendra ma prière un moment seulement s’il vous plaît (…) (…) ma prière voilà comment commence ma prière j’aime que le matin blanc pèse à la vitre et l’on tue ici j’aime qu’un enfant courant dans l’herbe haute vienne à cogner sa joue à mes paumes et l’on tue ici j’aime qu’un homme se plaise à mes seins et que sa poitrine soit un bateau qui porte dans la nuit et l’on tue ici (…) (…) allons debout maintenant puisque les malédictions sont accomplies hommes et femmes de tous âges debout entre l’âpre calcaire de l’oubli que le chagrin érode et le cri qui révolte les nuits n’hésitez plus debout criez hurlez invectivez crachez sur toute haine et pleurez pleurez toutes les larmes comme l’arbre de Myrrha pleure la résine immortelle des larmes comment n’avez-vous pas su qu’on ne survit à l’enfance qu’autant qu’on sait pleurer (…)
©Régis Nardoux
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